Dur de réussir à intéresser le lecteur, de lui faire ressentir peur et angoisse ? Voici une nouvelle écrite par une élève de 4eE, dont la lecture vous rappellera sans doute les cours sur le genre fantastique !

La bibliothèque de M. Linden.

C’était un samedi matin pendant les vacances. Il était dix heures. Je venais de me lever et j’allais aller déjeuner lorsque une idée me vînt à l’esprit : "On était samedi et je n’avais rien de prévu alors pourquoi ne pas aller à la bibliothèque ?" . Moi, Estelle Swan, treize ans, née le vingt juillet deux-mille-un, étais une fanatique de la lecture, de l’aventure, des livres anciens, mais je détestais le collège. Sachant maintenant que faire, je me préparais, mettais ma sacoche, embrassais ma mère à la hâte, saisissais une pomme, et enfourchais mon vélo. Je suivais mon chemin habituel, puis bifurquais dans une rue, à gauche de mon collège. Ainsi, j’arrivais à la bibliothèque en peu de temps. J’entrais et je m’attendais à ce que M. Linden me salue comme à son habitude, mais je n’entendis pas son « Bonjour Estelle » habituel. Alors je me tournais vers son bureau, mais ce ne fut pas lui que je vis, mais un vieux monsieur à l’air un peu mystérieux, bizarre et à l’air menaçant. Au moment où je me retournais, je sentis son regard peser sur mes épaules, et un frisson me parcourut l’échine. Je devais l’avouer… cet homme me faisait peur. Le détail qui me frappait chez lui était ses dents blanches, luisantes dans la faible lueur de la lumière. Je partis alors parcourir les ouvrages.. je ne saurais pas pourquoi ni comment mais une sorte de force intérieure me tirait vers le rayonnage livres anciens. C’est à ce moment que je l’aperçus ! Ce magnifique livre à la couverture ancienne et bien conservée, qui était sûrement le récit ou bien le journal d’une vieille personne. Je le saisis et partis faire un emprunt. Alors que j’arrivais au bureau du nouveau bibliothécaire, je l’entendais murmurer : « Estelle Swan… treize ans… passionnée de livres anciens et de romans fantastiques… père décédé… peu intéressée par les études….MWAHAHAHA ! » Et il partit d’un rire diabolique, fou. Alors, je ressentis la grande peur. Celle que l’on ne ressent que très rarement mais que lorsqu’on la rencontre on souhaiterait être autre part. Je fis comme si je n’avais rien entendu et je lui tendis mon livre, tête basse, épaules rentrées, et sûrement visage très rouge. Il écrivit mon nom dans le registre (sans bien même me le demander) et me rendit le livre. En me le rendant, il tint ces paroles : « Attention, Petite… ce livre te fera vivre bien des aventures ! Méfies-toi si je puis dire. Ne le garde pas avec toi dans la nuit, range-le dans un endroit fermé si tu tiens à la vie..

  • Serait-ce des menaces !? Mesurez vos paroles Monsieur, ou vous en paierez les conséquences de ma part ! » Lui lançais-je d’un ton sans appel. Et je sortais en courant, haletante, prenant mon vélo avec la peur au ventre. J’arrivais chez moi, tâchant de la cacher. Ma mère ayant pris un jour de repos, m’aperçut et me demanda si tout s’était bien passé. Je lui dis que oui, d’un sourire qui la mit de bonne humeur. Je montais l’escalier et me précipitais dans ma chambre, saisissant au passage une photo de mon père -décédé il y a quatre ans de cela- et la serrant contre moi. Il me manquait. C’est de lui que j’aime autant lire, le seul héritage qu’il m’ait donné. Ne voulant pas retomber dans la nostalgie, je reposais la photo et saisis mon livre. Je l’ouvris à la première page. Il était absolument magnifique, une couverture avec des gravures en or, et des inscriptions anciennes me faisant penser à l’Égypte. Je m’installais dans mon lit et plongeais dans son histoire. Une heure plus tard, ma mère m’appelait et je descendis manger . L’après midi fut vite occupé : shopping avec ma mère, puis nous allâmes chez des amis où nous restâmes manger, et rentrâmes à la maison pour nous coucher. Je ne pus m’empêcher de lire encore une fois un passage de mon livre, et je crois bien que je m’endormis, livre ouvert. Je me réveillais pendant la nuit à cause d’une forte douleur au bras, une sorte de tiraillement. J’allumais ma lampe… et sans le faire exprès le livre tomba par terre ! C’est à ce moment que j’aperçus des ronces qui sortaient du livre ! Je crus à une hallucination, me frottais les yeux, et ramassais le livre. Aucune trace, aucune présence de ronces. C’était une vision, rien d’autre. Mais en voulant me rallonger, je sentis à nouveau ce tiraillement. Je grattais mon bras, et vis du sang à travers les manches de mon pyjama ! Alors ce serait donc ça la douleur que j’avais ressentie ? Je soulevais ma manche, essuyais le sang et partis au lavabo me désinfecter. Je me rinçais d’abord à l’eau, puis je vis que cela portait des inscriptions ! Des inscriptions gravées sur mon bras.. cela paraissait irréaliste ! Et pourtant, c’était la pure vérité. Je lisais ce qu’il y avait écrit : « Laisse-moi ou tu paieras… » ! Alors, je me mis à avoir peur. La première pensée qui me vint à l’esprit était que je suis somnambule. Mais en y réfléchissant, avec quoi aurais-je pu m’infliger cette douleur ? Et pourquoi cette inscription-ci, cette mise en garde ? Je finis de nettoyer, posais le livre sur mon bureau, puis retournais me coucher. C’était absurde. Seule moi-même aurais pu écrire cela…. Ou pas. Je me réveillais le lendemain, et regardais mon bras. Rien ! Pas de traces de menaces, pas de signe qu’il y eut des ronces dans le livre. Je pensais que c’était une simple hallucination, ou un simple rêve… Je me trompais. Ainsi, je continuais ma routine, comme chaque week-end. Chaque dimanche, je descendais à la boulangerie chercher mon déjeuner, une baguette de pain, et rentrais. Ensuite, l’après-midi j’invitais des amies, puis on jouait comme toujours à des jeux de société, parlait etc… . Pourtant, cette après-midi avait quelque chose de particulier. Même dans ma chambre, une étrange impression m’envahissait. Comme si quelqu’un m’épiait ! Je tentais de cacher mon malaise. Pourtant, mes amies s’en rendirent compte car Éva me dit :
    - Que se passe-t-il Estelle ? J’ai l’impression que tu es distante…
    - Euh… non, non ce n’est rien… je songeais juste à quelque chose, ne t’inquiète pas ! lui répondis-je, visiblement embarrassée.
    - D’accord… Mais si jamais il y avait un problème tu nous le dirais n’est-ce pas ? me questionna-t-elle, pleine d’espoir.
    - Bien sûr, répondis-je avec une moue désinvolte. Et mes amies Lola, Éva et Judith rentrèrent chez elles aux alentours de dix-sept heures trente.

Ainsi, je finissais ma journée en m’endormant. Mais, comme chaque soir je ne pus m’empêcher de lire la suite de mon histoire. Il ne me restait plus grand-chose à lire. Peut-être une petite centaine de pages. Alors je me mis à ma lecture. Au fur et à mesure que le livre avançait, celui-ci devenait plus intéressant. Je pensais au début que c’était le journal intime, le récit d’un moment important de la vie d’une personne, mais je crois plutôt que c’était du fantastique. Effectivement, ce livre racontait l’histoire d’un homme, Carlisle, qui, en mille six cent trente-cinq, partait avec son père à la chasse aux vampires. En effet, plusieurs victimes, ayant été vidées de leur sang, leurs ont indiqué cette piste, et depuis quelques temps, ils avaient croisé plusieurs personnes pâles, ne s’exposant jamais au soleil, et sortant la nuit. Alors, ils étaient partis avec des torches incitant la population à les suivre, armée. Alors, Carlisle en arrivant à la planque de ces vampires, trébucha, et avant que la population réagisse un vampire s’empara de lui et le mordit, le faisant ainsi devenir un monstre de la nuit ! Choqué d’être devenu cela, il se réfugia pendant plusieurs jours dans une forêt, ne faisant pas attention au froid qui le pénétrait. Une semaine après s’être remis, il réfléchit et avait terriblement soif, non pas d’eau ou d’une autre boisson, mais de sang. Il sortit alors, et trouva une jeune femme, charmante disait-il. Il l’attrapa et planta ses canines dans son tendre cou à la peau pâle. Ensuite, je m’étais arrêtée. La suite était passionnante. Il racontait qu’il avait créé une tribu, une armée, assoiffée de sang, et qui tuait tout le monde à portée de main la nuit. Je décidais de me coucher à cet instant, et posais le livre sur la table de nuit. Je me réveillais, trois heures après, haletante, encore à cause de ce tiraillement maintenant familier au bras. Et comme la dernière fois, la routine se répétait : "imaginer" des ronces, ramasser le livre tombé, désinfecter la plaie, nettoyer le sang, voir des menaces, avoir peur, retourner me coucher, me sentir épiée. Je réussis quand même à m’endormir, quelques temps plus tard. Le lendemain ce fut la même chose. Aucune trace de griffure, ou autre. Toute la journée, je restais à la maison, ne sachant distinguer le rêve de la réalité. Peut-être était-ce un rêve ?… peut-être pas. Je ne savais que faire : je lisais, regardais la télévision, bronzais alors que le soleil était radieux, etc… Soudain, me vint l’idée de retourner à la bibliothèque de M. Linden ! J’enfourchais mon vélo et partais aussitôt. Je le trouvais assis à son bureau. Il me dit :
- Tiens, bonjour Estelle, comment vas-tu ?
- Bien, merci et vous ? répondis-je tentant de cacher mon malaise et mon irrépressible envie de le questionner.
- Bien, bien ! me dit-il. Tu n’aurais pas quelque chose à me demander, par hasard ? dit-il en haussant un sourcil et me dévisageant.
- Eh bien… je me demandais pourquoi vous étiez absent la semaine dernière ?
- Ah juste cela ! J’ai dû rester à la maison car j’avais un torticolis.
- Ah d’accord…
- Y a t-il autre chose ?
- Oui… Je me demandais, qui vous remplaçait ?
- Personne pourquoi ? La bibliothèque était fermée ! Je ne sais pas s’il remarquait ma grimace, mais mon visage avait dû se décomposer. En effet, je me rappelais très nettement avoir été à la bibliothèque où cet homme bizarre tenait le registre des livres empruntés.

  • Il y a un problème Estelle ? Aie il a dû remarquer ma grimace.
    - Estelle ?
    - Non Monsieur, dis-je en essayant d’être la plus convaincante possible.
    - Très bien.
    - Et euh.. auriez vous un livre ancien qui raconte des histoires sur les vampires ? lui demandais-je.
    - Non désolé Estelle, je n’ai aucun ouvrage sur les vampires.
    - En êtes-vous sûr ?
    - Oui, tout à fait sûr pourquoi ?
    - Pour rien ! dis-je avec empressement. Excusez-moi, je dois y aller ! Bonne journée ! Et je pris mon vélo, partais, et rentrais chez moi en un temps record. Enfin, je savais la vérité. Cet homme était un imposteur ! Il m’avait roulé dans la farine… m’avait menacée et m’avait dit de me méfier ! Si ça se trouve.. c’est lui ! Imaginons que chaque soir il s’infiltrait chez moi, me droguait et me faisait mal, m’ouvrait la peau au couteau, puis maquillait mes blessures ?! Cela expliquerait pourquoi j’avais vu des ronces dans un livres, des menaces gravées au sang sur mon bras, et, et… NON ! Je délirais là.. il fallait que je me raisonne, que j’arrête de me faire des films. Ma mère travaillant tous les jours sauf le dimanche, de six heures trente à dix-neuf heures, j’avais tout mon samedi sans elle, une semaine après l’incident du week-end dernier. Je mangeais, regardais la télévision, puis en profitais pour me poser sur le canapé du salon, et réfléchir. A partir du moment où je considérais avoir les idées claires, je me mis à écrire dans mon journal les événements inattendus de la journée, puis lus, jusqu’à attraper une violente migraine me forçant à arrêter. Je n’en pouvais plus ! Je me forçais à continuer de lire, me forçais à comprendre cette histoire surnaturelle qui mêlait réel et imaginaire, sans y parvenir. Je voulais y réfléchir à tête reposée, alors je m’autorisais un petit somme. Je me réveillais le lendemain matin, dans mon lit, et étonnée d’être restée endormie aussi longtemps. Alors que j’étais prête et que j’allais descendre, ma mère arriva avec un plateau contenant mon petit-déjeuner, et avec un sac rempli de cadeaux ! Pourquoi donc ?! Qu’avais-je fait pour les mériter ? Je n’eus pas vraiment le temps de percuter car ma mère entonna "Happy birthday". J’avais complètement oublié que nous étions le vingt juillet, date de mon anniversaire ! Ne voulant pas éterniser la chose, j’ouvris mes cadeaux feignant l’enthousiasme et remercia ma mère. La journée se passa bien ensuite, et comme chaque dimanche nous allâmes à la plage et pique-niquâmes là-bas. Nous rentrâmes le soir avec des pizzas commandées. Ma mère me souhaita une bonne nuit et alla regarder la télé, tandis que j’allais lire. J’avais passé une des meilleures journées de ma vie, depuis la mort de mon père. Cette fois, je réussis à finir le livre. Il terminait bizarrement… Cela disait que chaque personne en possession du journal de bord de Carlisle, mourait de façon on ne peut plus étrange, d’une malédiction. Je refermais le livre et le posais sur ma table de nuit. Une brise froide me parcouru l’échine. Je vérifiais que ma fenêtre était bien fermée. Au contraire, elle était légèrement entrouverte, alors qu’il me semblait l’avoir fermée ! J’eus des frissons, mais me ressaisis rapidement en me disant que j’avais dû oublier de le faire. Je me levais donc pour y remédier et m’installais dans mon lit. Je sombrais aussitôt dans un sommeil profond, sans rêves ni cauchemars. En fait… je ne pouvais pas dire cela ! Car je fis beaucoup de cauchemars. Celui dans lequel j’étais actuellement était atroce ! Je.. j’étais en train de… de me.. faire étrangler ! Je n’avais.. plus d’oxygène… C’était… des.. des ronces qui m’étranglaient..?! Je me réveillais et voulus prendre une grande goulée d’air, crier… Mais… Je ne pouvais pas ! Je me faisais vraiment étrangler ! Peut-être par les ronces ?! Ou alors on.. on.. m’assassinait ?! Non… NON ! Je ne devais pas mourir… Il me fallait… lutter… vivre.. tant de choses… encore m’attendaient… Malheureusement… C’était trop tard. La dernière chose.. à laquelle je pensais était… "La malédiction continuera… Ou alors… on te tuera ! Tu seras la suivante Maman…" . Et je me laissais partir, sombrer d’un sommeil éternel pour ne plus jamais me réveiller.